La récente World Investment Conference (WIC) qui s’est tenue à La Baule a été le théâtre d’une série d’ateliers et de panels de discussions animés par des chefs d’entreprises, des universitaires, des investisseurs et des décideurs politiques du monde entier, qui ont débouché sur un ensemble de recommandations à l’intention des États européens.
Il s’agissait de mener une réflexion conjointe, afin de proposer des solutions permettant aux pays européens de rester compétitifs et aussi attractifs que possible pour les investisseurs. De l’avis général, les recommandations devaient être établies non seulement en réponse au climat économique et social actuel, mais également en tenant compte de l’évolution à venir des conditions du marché.
Parmi les suggestions formulées, prenant parfois l’allure de plaidoiries passionnées, celle de créer, en France, un environnement plus propice à la formation en apprentissage au sein des entreprises. Les appels à la simplification des formalités administratives pour les petites entreprises ayant été entendus, on ose croire que cette nouvelle requête sera prise en compte rapidement. Comme le souligne Clara Gaymard, PDG de General Electric (GE) France, en charge de l’initiative pour des villes durables, « il y a dix ans, la France n’était pas vue comme un pays entreprenant, mais aujourd’hui c’est le pays d’Europe qui compte le plus de start-ups, car il a su offrir à ces sociétés un environnement propice à leur implantation ».
D’autres recommandations ont été adressées aux pays européens, notamment une centralisation des démarches administratives pour les PME et une modification des partenariats public-privé afin de renforcer la confiance mutuelle. Ces mesures aideraient la France, par exemple, à concurrencer la Chine sur les délais de mise en route des projets – environ deux mois en Chine quand il faut au moins 18 mois en France, comme l’a fait remarquer lors de la conférence Marc Duval-Destin, vice-président de la recherche et de l’ingénierie avancée chez PSA Peugeot Citroën.
Il a également été proposé de centraliser à l’échelle européenne la promotion des pôles de compétitivité et de leurs atouts auprès des investisseurs étrangers. Mme Delphine Manceau de l’Institut pour l’innovation et la compétitivité a déclaré : « La compétitivité dans les pays européens repose sur l’innovation ; dans un monde où il est difficile de faire face à la concurrence par les coûts ou les prix, une des seules façons de stimuler la création d’emploi et de renforcer la compétitivité est d’innover. La France a vraiment bénéficié de sa politique ambitieuse en faveur des pôles de compétitivité. ». On espère ainsi que l’Europe dans son ensemble imitera la France est tira avantage de la promotion de ses pôles. Comme l’affirme David Appia, Président de l’Agence française pour les investissements internationaux, « la promotion des pôles de compétitivité est tout aussi importante à l’échelle nationale qu’européenne ».
Une des questions primordiales qui est ressortie des ateliers de la WIC est pourquoi l’Europe ne pourrait pas se doter du crédit d’impôt recherche et du dispositif de financement de l’innovation dont jouit la France. Tous s’accordent en effet pour dire que ces dispositifs constituent des leviers d’attractivité essentiels et encouragent les grandes entreprises à investir en France, faisant de l’hexagone un modèle en matière d’incitation à l’investissement. Mme Gaymard, évoquant le programme d’investissements de GE, a souligné à ce titre que « le régime fiscal français s’est nettement amélioré et cette évolution a eu un impact direct sur la stratégie de GE ».
GE investit actuellement 45 millions d’euros dans la signalisation et le transport public en France, mais aussi dans la recherche, la santé et le recrutement de plusieurs centaines de nouveaux collaborateurs pour son centre de recherche. « Nous croyons en la France, nous croyons en la R&D en France, donc nous investissons en France », a ajouté Mme Gaymard.







