
Crédit photo: john_a_ward on Flickr
La donne change rapidement sur le marché international des services informatiques. Alors que les SSII indiennes (1) étaient traditionnellement implantées sur les marchés anglo-saxons, la tendance semble s’inverser en faveur de la France. Le cabinet Pierre Audoin Consultants annonce une progression du secteur de 2,2 % en France en 2010 contre 1,6 % en Allemagne et 1,4 % au Royaume-Uni.
Depuis la crise financière américaine, les indiens tentent en effet de rééquilibrer leurs activités en investissant de nouveaux marchés. Cinquième marché mondial des technologies de l’information, la France s’est alors vite imposée comme un territoire privilégié. « Toutes proportions gardées, la France n’a pas été trop affectée par la crise économique, comparée au Royaume-Uni, par exemple. En ces périodes de turbulences, les entreprises cherchent à acquérir un avantage comparatif ou à le consolider » reconnaît Narayana Murthy, président d’Infosys. Au-delà des banques, le dynamisme des grands groupes énergétiques et l’importance du secteur public font de la France un marché naturellement attractif.
Une culture commune d’ingénierie
Pour les séduire, les SSII de Bangalore ont su s’adapter aux attentes du marché en développant des solutions sur mesure. « Nous avons adapté notre offre aux spécificités françaises en prenant en compte la langue, la culture, le business… » confie Christophe Martinoli, directeur pour la France de Wipro, à la Tribune (29 juin 2010).
Pour Suresh Vaswani, co-PDG des activités informatiques de Wipro, cet ajustement à la culture business française s’opère facilement car « la France et l’Inde partagent un esprit commun à travers la technologie et une culture commune d’ingénierie. ». De son centre R&D de Rennes, créé en 2008, à son siège de Bangalore, Wipro partage une vision globale. Une vision commune mais surtout complémentaire : la France est le vivier de talents et d’innovation qu’il manquait aux indiens. Second pays au monde pour la part de diplômés en science et technologie, la France bénéficie d’écoles mondialement reconnues telles que Supélec, Télécom ParisTech ou l’Institut national des télécommunications, et compte pas moins de 45 000 chercheurs en télécommunications. Narayana Murthy s’en félicite et reconnait volontiers que la main d’œuvre française « compte probablement parmi les plus productives dont nous disposons (…) L’intégration à nos équipes mondiales d’un plus grand nombre de collaborateurs français agit comme un levier d’apprentissage et stimule notre réflexion. »
Efficacité indienne et expertise française, une réalité du marché qui se traduit par une croissance des investissements indiens dans le secteur (15% des implantations entre 2003 et 2009). Et de nouvelles créations d’emplois : Tata Consulting Services a triplé ses effectifs de forces de vente et de conseil au cours des six derniers mois. TCS compte aujourd’hui 150 employés sur le territoire contre 200 pour Infosys, 250 pour Wipro et 50 pour Mindtree. HCL Technologies, quatrième acteur du secteur, qui a constitué en France une équipe de 150 personnes, veut lui « doubler les effectifs et le chiffre d’affaires très rapidement », a confié aux Echos le 29 octobre 2010 le Responsable des filiales France et Benelux Chris Connors.
(1) SSII : société de services en ingénierie informatique
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