On connaissait l’attrait des Français pour la consommation « verte ». Mais on sait moins qu’ils sont également friands de nouvelles technologies. Un marché qui a déjà atteint une certaine maturité et qui ouvre de nombreuses perspectives aux entreprises. Le secteur des TIC a en effet généré un chiffre d’affaires de 110,6 milliards d’euros en 2009, soit 15,5 % de l’ensemble du marché européen ; la France étant le 3ème marché, devant l’Italie et l’Espagne. L’EITO[1] estime d’ailleurs que l’évolution du marché des télécommunications en France est nettement meilleure que la moyenne européenne, notamment grâce au boom des services de données mobiles, en hausse de 20 % en 2009…
Car aujourd’hui près d’un Français sur cinq surfe sur Internet avec son téléphone portable, 65% de plus qu’il y a un an. Une progression rapide de l’Internet mobile due en grande partie à la large diffusion de nouveaux appareils, iPhone, Blackberry et autres mobiles équipés d’Androïd. Ainsi, Apple a vendu 3 millions de smartphones en deux ans et demi en France, faisant de l’Hexagone son second marché après les Etats-Unis. Selon l’institut comScore, qui a analysé l’adoption du smartphone en Europe, c’est en France que l’on observe la 2ème plus forte augmentation du nombre d’utilisateurs en 2009. Selon une étude KPMG, ils sont 16% à utiliser leur mobile pour leurs transactions bancaires et 11% pour leur achat en ligne. Et l’attrait des Français pour les nouveaux usages liés au téléphone portable ne s’arrête pas là. La ville de Nice est devenue, depuis le 21 mai 2010, la première ville européenne du sans contact mobile. Paiement, collecte d’information, identification… La technologie NFC (Near Field Communication) associée au téléphone mobile révolutionne le quotidien des consommateurs et offre surtout de nouveaux débouchés aux industries de la microélectronique et des télécoms.
L’équipementier télécom chinois Huawei, qui a créé l’an dernier un centre de R&D en région parisienne, a bien mesuré le potentiel de la France dans le mobile. Il a récemment commercialisé sous sa propre marque son premier appareil dans l’Hexagone, un smartphone évidemment, convaincu que « la France est un marché très ouvert et très dynamique », comme en témoigne son directeur général Léo Sun.
Un « téléphone intelligent » qui sera peut-être acheté sur Internet. Car en quelques années le e-commerce s’est bel et bien imposé en France. Il concerne quasiment la moitié de la population aujourd’hui : 26 millions de cyber-acheteurs ont été recensés par la Fevad[2] au premier semestre 2010, ils ont réalisé 156 millions d’euros de transactions. Selon le Centre for Retail Research, les ventes sur le net ont ainsi bondi de 33% en 2009 et devraient croître de 31,4% cette année. Une hausse qui sera plus soutenue qu’au Royaume-Uni (12,4%) et qu’en Allemagne (17,2%).
Les Français sont des consommateurs fidèles d’Internet : parmi les 37,3 millions d’internautes recensés en septembre 2010, 95% sont connectés en haut-débit. Et ils y adoptent rapidement des usages innovants. Les sites de financement participatif dans l’industrie de la culture rencontrent par exemple un succès éclatant. MyMajorCompany.com a permis de produire 23 artistes depuis sa création, avec aujourd’hui près de 70 000 internautes-producteurs. Mais Internet c’est aussi un nouvel outil de consommation qui est rentré dans les mœurs et les habitudes des Français. Rakuten, exploitant du plus grand site de commerce en ligne du Japon, l’a bien compris en faisant l’acquisition de PriceMinister. Le groupe américain Amazon est tout aussi convaincu par les perspectives du e-commerce en France puisqu’il a annoncé l’ouverture courant 2010 d’un nouveau centre de distribution européen à Montélimar. Tout comme le géant américain du jouet Toys’R'us qui a lancé à la rentrée 2010 un site de vente en ligne, estimant que « le marché français du e-commerce est maintenant mature », selon les mots de son PDG France Gilles Mollard dans La Tribune du 16 septembre 2010.
Les outils numériques séduisent le grand public mais aussi les entreprises. La preuve : la start-up américaine Brightcove, qui propose aux entreprises une plateforme logicielle pour gérer des contenus vidéo, vient de lancer son activité en France. « Les entreprises surfent sur ce nouvel usage », note leur PDG Jeremy Allaire.
Si la population et les entreprises sont ouvertes aux nouvelles technologies, c’est aussi que les pouvoirs publics se mobilisent. L’économie numérique est devenue une priorité nationale, avec le Plan Numérique 2012 puis les 4,5 milliards d’euros alloués dans le cadre du grand emprunt.
Avec des pôles de compétitivité internationaux, comme Minalogic, SCS et System@tic, et une vraie politique d’accompagnement, la France offre un environnement plus que propice aux entreprises internationales. Sans oublier des ressources humaines qualifiées : l’OCDE[3] classe la France au 2ème rang mondial pour la part de diplômés en science et technologie. Microsoft ne s’y est pas trompé : le géant américain a créé en 2007 un laboratoire commun avec l’Inria[4] dans le domaine des sciences du calcul, et a ouvert en 2008 un centre technologique européen au sein du pôle High Tech Arc-de-Seine, à Issy-les-Moulineaux.
Pour aller plus loin, consultez :
- la fiche sectorielle « Technologies de l’information et des télécommunications »
- le billet « La France : l’éden des data centers »
[1] European Information Technology Observatory
[2] Fédération du e-commerce et de la vente à distance
[3] Organisation de coopération et de développement économiques
[4] Institut national de recherche en informatique et automatique









