Shai Agassi, fondateur de Better Place et ancien numéro deux de SAP, n’y va pas par quatre chemins : « la France va être le leader de la voiture électrique en Europe ». Et les faits sont là pour lui donner raison : la voiture électrique est en passe de devenir une réalité industrielle en France. Les perspectives sont énormes puisque les véhicules électriques pourraient représenter 10% du parc européen d’ici 2020.
En octobre 2009, le ministère de l’Ecologie a lancé le plan national « Véhicules électriques », comprenant 14 actions concrètes pour favoriser le développement de voitures électriques et hybrides rechargeables. Parmi elles, l’achat massif de véhicules électriques par l’administration et les entreprises. C’est désormais chose faite : l’Etat vient d’annoncer une commande groupée de 50.000 véhicules électriques avec la participation de plusieurs grands groupes (Air France, Areva, Bouygues, EDF, La Poste etc.). Commande qui pourrait atteindre plus de 100.000 unités dès 2011.
Pour compléter la diffusion de véhicules, 12 collectivités locales viennent de s’engager à mettre en œuvre dès 2010 le déploiement des indispensables infrastructures de recharge accessibles au public. L’objectif, à l’horizon 2015, est d’implanter un million de points de recharge au domicile ou sur le lieu de travail. D’ailleurs, selon un accord signé le 12 octobre 2010 entre Renault-Nissan et les hypermarchés Leclerc, l’enseigne alimentaire disposera d’ici là de 500 parkings équipés de bornes électriques.
Et pour achever de convaincre les consommateurs de se convertir à la voiture électrique, les foyers français bénéficieront d’un bonus de 5.000 euros pour l’achat d’un véhicule décarboné.
Dans la lignée du plan « Véhicules électriques », la France met en place une filière industrielle. Dans les batteries d’abord : une usine de production de 100 000 à 350 000 batteries est en cours de création à Flins par Renault, le CEA et Nissan. Ainsi que des installations pilotes au CEA de Grenoble et un laboratoire d’essais à Chambéry, ouverts aux industriels de toute la filière batteries électriques. Un partenariat sur la mobilité solaire a d’ailleurs été engagé avec Toyota. Par ailleurs, le Français Saft, leader mondial des batteries haute technologie, et l’équipementier américain Johnson Controls ont créé en 2006 une entité commune. Son usine française de Nersac (Charente) alimente déjà des modèles de constructeurs étrangers (Mercedes Classe-S hybride et BMW série 7 ActiveHybrid).
De son côté, l’EV Plug Alliance, créée en mars 2010 par Schneider Electric, Legrand et Scame, réfléchit à une solution unique de branchement et de prise standardisée. Les français Citelum, DBT, FCI, Nexans, Sagemcom, l’allemand Leoni et l’américan Tyco Electronics ont rejoint l’alliance le 22 septembre 2010.
Les équipementiers ne sont pas en reste : Valeo, Michelin, Leroy Somer, GKN, Johnson Controls Saft et Leoni se sont réunis dans un consortium créé en juin 2009, afin de développer une offre intégrée pour les véhicules électriques.
Sans oublier les constructeurs (Renault, PSA, Bolloré notamment), qui prévoient le lancement des premiers véhicules électriques fin 2010, et des premiers véhicules hybrides rechargeables à partir de fin 2012. Le japonais Toyota a annoncé fin octobre son choix de fabriquer à Onnaing, près de Valenciennes, sa future Yaris hybride. Séduit également, le groupe BMW a choisi la France pour une nouvelle expérimentation de sa voiture Mini électrique.
Pour soutenir l’industrie, la France nourrit une intense activité de recherche. 3 pôles de compétitivité sont ainsi dédiés à la voiture électrique : Mobilité et Transports Avancés de la région Poitou-Charentes, mov’eo dans les régions Basse et Haute Normandie et Véhicule du Futur à Mulhouse. Ce dernier a d’ailleurs livré en juin dernier son premier modèle électrique ultra propre, le scooter F2E2, développé par une entreprise du Doubs, en collaboration avec la société suisse Locatis.
Et comme il n’y a pas d’innovation sans formation, les universités françaises offrent des enseignements adaptés aux nouvelles exigences du marché. Ainsi, le nouveau Mastère Spécialisé Ingénierie des Véhicules Electriques est proposé par quatre écoles d’ingénierie automobile de ParisTech, avec le soutien de Renault, d’EDF et du groupement des professionnels de l’automobile. De quoi assurer l’avenir de l’automobile « verte » en France !










