25% de la croissance mondiale repose aujourd’hui sur l’économie numérique. Aussi « virtuelle » que puisse sembler cette économie, elle repose pourtant sur des infrastructures physiques bien réelles : les data centers. Associations de professionnels des télécommunications et de l’ingénierie de l’équipement électrique, « France for data centers » a été créée l’année dernière pour prouver que la France est une terre d’accueil idéale pour ces centres de données.

- Virginia Tech – data center’ by cbowns on flickr
Ces grandes armoires métalliques renferment des éléments vitaux pour l’économie mondiale. Sans elles, Internet n’existerait pas. L’ensemble des transactions financières des banques, bourses et grandes entreprises transitent en leurs seins. Le choix de l’implantation des data centers est donc hautement stratégique.
La position stratégique de la France, au carrefour de l’Europe, la qualité de ses infrastructures de transport et le faible coût du m² foncier sont autant d‘atouts qui plaident en faveur de l’installation de nombreux data centers dans l’Hexagone. Chaque année, selon Nelly Recrosio, chef du département « offres éco-efficacité énergétique » à la direction marketing entreprises d’EDF, ce sont quelque 100 000 m² de centres de données qui se créent sur le territoire national. La France occupe ainsi le troisième rang européen, avec 78 data centers.
Une filière française qualifiée
Un data center doit garantir le fonctionnement de milliers d’applications informatiques qui ne s’arrêtent jamais. La gestion d’un data center nécessite des ressources humaines extra-qualifiées. La France est ainsi capable de fournir du personnel qualifié, d’assurer la présence de jeunes diplômés et de proposer des formations professionnelles de haut niveau.
De plus, l’existence de nombreux fournisseurs dans l’Hexagone assure la présence de stock de pièces de rechange et de personnel d’intervention rapide, sur place ou à proximité des data centers.
Conscient de ces atouts français, TelecityGroup a inauguré à Aubervilliers son troisième data center d’Ile-de-France, le 18 janvier 2010. Le groupe britannique a investi 48 millions d’euros pour réaliser ce site de 3 800 m².
Des monstres énergivores
Ces data centers ont par ailleurs d’énormes besoins énergétiques. Un centre de 25 000 m² consomme l’équivalent d’une ville de 50 000 habitants. C’est pourquoi les data centers doivent avoir une alimentation fiable en électricité, faiblement carbonée et dont le prix est compétitif et stable. Sur ce point, la France offre de nombreux avantages :
- Le coût moyen (hors taxes) d’un MWh en France est de 58,70 euros contre 112,50 euros en Irlande par exemple.
- Le cadre réglementaire du marché garantit une stabilité des prix de l’électricité et une disponibilité des sources.
- Les énergies renouvelables sont bien implantées dans le réseau électrique français. L’électricité française est ainsi l’une des moins polluantes d’Europe, avec 42,5g d’équivalent CO2 par KWh alors que la moyenne européenne se situe autour de 350g.
- Le marché électrique français est ouvert à la concurrence, ce qui offre la possibilité d’avoir des sources d’alimentation distinctes et gérées par des acteurs différents.
Le 2 février dernier, IBM a officialisé l’implantation d’un nouveau data center de 10 000 m² dans les environs de Lille. Opérationnel fin 2010, ce nouveau centre se veut résolument « Green » avec des solutions intégrées d’économies d’électricité (détections de mouvement, minuteurs…) ou encore des outils de pilotage, de contrôle et de suivi de la dépense énergétique. Plus récemment, le géant américain a investi 500 millions de dollars dans la modernisation de ses centres de données implantés en France. HP et EDF ont aussi signé un partenariat pour fournir une solution globale de data centers et ainsi optimiser leur consommation d’électricité.









